COMMENT SERA CLASSÉE LA CAMPAGNE
OLÉICOLE 2011/2012 ?
Des éléments indiquent
une mauvaise année
Faible
production d’olives attendue :
ca grince dans les huileries
Les prévisions à la baisse de la campagne oléicole
2011/2012 se sont réalisées. Un faisceau de signes le
démontre, entre autres les faibles rendements enregistrés
jusqu’à présent sur l’ensemble du verger
oléicole national notamment dans ceux produisant de l’olive
d’huile. Du coup, il faut d’ores et déjà
s’attendre à un fort renchérissement des prix à la
consommation. Contrairement
à la saison précédente, durant laquelle les quelque 400
huileries traditionnelles et industrielles ont fonctionné à plein
régime, la plupart de celles-ci ne seront probablement même pas
mises en marche, vu la maigre récolte d’olives attendue pour la
saison en cours.
L
Les échos qui nous sont parvenus sur l’état
d’avancement de la récolte, appréciations confortées
par certains membres de la filière oléicole, font état
d’une nette régression des récoltes en comparaison à
la campagne oléicole de 2010 /2011. Cette révision à la
baisse des cueillettes s’explique au sein de la filière par la
particularité de l’olivier qui ne donne de bon rendement
qu’une année sur deux. On dit aussi que la production
oléicole explose tous les dix ans. Un effet du hasard ou une
réponse du berger à la bergère. Et comme la cuvée
2010/2011 a été qualifiée d’exceptionnelle, cela
peut conforter cette thèse. Laquelle est complètement
contrecarrée par des agronomes spécialisés dans ce type de
culture. Ils en apportent pour preuve le fait que beaucoup
d’oléiculteurs continuent à ne pas respecter les techniques
culturales notamment pendant la récolte. «Ce faisant, ils abîment les repousses, et du coup cela affecte la production de l’année qui suit»,
expliquent ils. Et de souligner «des
facteurs de nuisance dont on
peut facilement mesurer l’impact
sur la qualité de la production seulement une fois la campagne oléicole terminée.» Ces derniers
déplorent qu’aucune sensibilisation ne soit menée pour «convaincre les propriétaires
de vergers de
l’intérêt de ménager les oliviers lors de la cueillette et non pas de les livrer
à des cueilleurs qui
agissent dans le seul intérêt
de faire vite et qui pour ce faire s’attaquent aux rameaux en les arrachant ». Des pratiques qui,
malheureusement, ont tendance à se généraliser. «On cherche avant tout à
cueillir un maximum de fruits au détriment de la survie de l’olivier»,
s’indignent des agronomes. Des mauvais traitements de l’olivier qui
du reste peuvent être à l’origine de la baisse de la
production. Dans cet ordre d’idées, les communes de Sig,
d’Aït Rzine (wilaya de Béjaia) et de Maâtkas (wilaya de
Tizi-Ouzou) classées au premier rang, sur un total de 1248, des communes
les plus productrices lors de la précédente campagne avec
respectivement 110 000 quintaux (q) , 90 900 q et 87 000 q, peuvent
s’attendre à des niveaux de cueillettes inférieurs à
la campagne précédente et perdre, ainsi, leur statut de communes
leaders dans la production. Pour revenir aux prévisions basses de la
récolte actuelle, chez les gros producteurs d’huile d’olive
on ne parle plus de qualité de la cueillette comme c’était
le cas auparavant mais plutôt des quantités d’olives
qu’ils vont pouvoir réceptionner. «Seront-elles suffisantes pour au moins amortir les dépenses de cueillettes et de quoi payer les olé
facteurs »,
s’interrogent-ils. L’inquiétude est aussi présente
chez les jeunes patrons de huilerie, qui pour la plupart n’ont pas encore
remboursé leur crédit d’investissement, du fait de voir
leur installation tourner à très faible régime quand ce
n’est pas l’arrêt total de leur activité qui
s’impose faute de clients. C’est dire également que la
mauvaise récolte aura des répercussions aussi bien en amont
qu’en aval. En clair, tout comme les propriétaires de vergers qui
vont se voir pénalisés par les faibles rendements, les olé
facteurs le seront de même. Et par là même, l’offre en
huile d’olive n’en sera que minime ce qui ouvrira la voie à
la surenchère de ce produit dans sa commercialisation au détail.
Devant ce déséquilibre flagrant entre l’offre et la demande
qui s’annonce et qui selon des spécialistes en la matière
ne devrait pas avoir lieu en partant de la donne suivante : le ministère
de tutelle avait lancé en 2005 tout un programme spécial pour le
développement de l’oléiculture en intensif (400 plants par
hectare). Un programme qui a permis la réalisation de 13 410 ha à
travers 15 wilayas des régions steppiques et la bande
présaharienne. Cela dit, on peut supposer que cet ajout de la surface
des vergers oléicoles ne s’est pas encore manifesté en
termes de production ou bien une grande partie de ce programme s’est
soldé par un échec cuisant en ce sens où des milliers de
jeunes plants d’oliviers ne sont pas développés. La cause, «elle peut venir de la mauvaise qualité des jeunes plants
ou du manque de
professionnalisme des agriculteurs
qui, suite aux mesures d’encouragement et d’aides accordées par le ministère de tutelle, se sont empressés à se lancer dans ce type de culture sans
pour autant bien se renseigner sur les
techniques culturales indispensables
pour le développement
des jeunes plants d’oliviers », révèlent des agronomes proches du dossier.
Ils diront aussi que tout ce qui a été planté
jusqu’ici comme olivier n’est pas encore suffisant. «Il
faudra un autre programme d’extension du verger national oléicole,
compte tenu du nombre d’oliviers séniles. En effet, un peu moins
de la moitié du verger oléicole est âgée de plus de
50 ans. Comparativement à nos voisins, la tranche d’oliviers
séniles est de 15% au Maroc et de 25% en Tunisie. Cette catégorie
d’oliviers du fait qu’elle fut trop longtemps
négligée est devenue faiblement, voire totalement improductive.
Pour combler ce manque de production, il faudra encore attendre deux ou trois
années, le temps nécessaire aux jeunes plantations d’entrer
en production.
D’ici
là, le prix de l’huile d’olive va continuer son ascension.
La dérisoire consommation moyenne par habitant, qui ne dépasse
pas le litre et demi d’huile d’olive, n’est pas près
de changer. L’alternative d’importation de ce produit noble sera
encore de mise.
VERS UNE BAISSE IMPORTANTE DE LA PRODUCTION OLÉICOLE A TIZI OUZOU

Les techniques de cueillette et de stockage en attente de
perfectionnement
En
effet, les services agricoles de la wilaya de Tizi-Ouzou ont prévu une
récolte approximative de pas plus de 200.000 quintaux d’olives
pour la présente campagne oléicole, représentant seulement
quelque 3,6 millions de litres, soit presque quatre fois moins que la saison
précédente durant laquelle il a été
récolté plus de 820.000 quintaux d’olives,
représentant près de 14,5 millions de litres d’huile. Cette
baisse drastique de la production d’olives a été
vérifiée sur le champ par les propriétaires des oliveraies
se trouvant au niveau des localités du littoral, qui ont commencé
la campagne de la cueillette des olives.
La campagne oléicole risque de prendre fin aussitôt
entamée, nous diront des habitants de ces localités,
déçus par la production de leurs oliveraies, même si cette
baisse était un peu attendue, étant donné la production
abondante de la saison précédente. Cette baisse de production
sensible d’olives est expliquée par plusieurs facteurs, notamment
le manque d’entretien des oliveraies, les chaleurs caniculaires qui ont
sévi ces dernières années et auxquelles des oliviers
anciens n’ont pu résister, les feux de forêts qui ont
englouti des milliers d’oliviers... Les huileries ayant été
submergées durant la saison oléicole précédente ne
tourneront qu’à moitié durant cette saison. Il se pourrait
même que certaines huileries n’ouvrent même pas leurs portes,
diront ceux qui connaissent leur fonctionnement. En plus du manque à
gagner des propriétaires de ces huileries et des agriculteurs, le
consommateur d’huile d’olive va devoir payer trop cher ce produit
qui a atteint, la saison passée, en dépit de son abondance, les
400 voire les 500 dinars le litre. Cette année, cette huile,
fortement prisée par les Algériens pour ses bienfaits sur la
santé, risquerait de connaître une flambée jamais connue au
niveau du marché, selon des observateurs

La filière oléicole dans la wilaya de Tizi Ouzou continue
de souffrir de l’amateurisme des oléiculteurs, en plus de cette
malédiction naturelle que constitue le cycle physiologique de
l’alternance
Cette année encore, la production oléicole connaîtra
une chute vertigineuse dans la wilaya, selon les prévisions de la
Direction des Services Agricoles qui table sur une production ne
dépassant pas les 200 000 quintaux d’olives, soit moins du
quart de la quantité produite durant la campagne écoulée
dont la production a atteint 820 000 quintaux. Le facteur naturel de
l’alternance ne peut être la seule explication à cet
état de fait, puisque malgré différentes campagnes
d’information et de sensibilisation menées par les services
agricoles en direction des oléiculteurs, la cueillette et le stockage
des olives continuent à souffrir de mauvaises conditions de déroulement.
Des conditions qui empêchent à ce jour leur exploitation
économique optimale, notamment dans le cadre d’une
éventuelle exportation. En effet, de nombreux oléiculteurs
persistent dans le gaulage comme technique de cueillette détruisant
ainsi les pousses censées donner les fruits l’année
d’après. Cette technique de cueillette effectuée à
l’aide d’une longue perche a longtemps été
décriée par les spécialistes et les pouvoirs publics, mais
cela n’empêche pas la poursuite de cette technique dans une société
où les vergers sont la propriété de particuliers, dont la
majorité ne cherche pas à commercialiser leurs produits, mais les
réserve à la consommation familiale. D’ailleurs, de nombreuses
huileries se plaignent du manque criant de l’olive, du fait justement que
les familles propriétaires d’oliveraies préfèrent se
contenter du service trituration chez les olé facteurs dans le but de
garder l’huile d’olive pour une consommation familiale. C’est
vraisemblablement pour cette raison que les familles propriétaires
d’oliveraies ne prennent pas en compte les recommandations
formulées par les services de l’agriculture et les
spécialistes leur conseillant de parfaire leur technique de cueillette
et de stockage ; particulièrement la recommandation relative à la
période de cueillette que les propriétaires d’oliviers ne
respectent pas pour différentes raisons. Pourtant, les
spécialistes précisent bien que la cueillette doit se faire en
période de véraison de l’olive, c’est-à-dire
quand l’olive entame sa tournure du vert vers le violet foncé car
c’est à ce moment-là que le fruit a atteint son maximum
d’huile. Les oléiculteurs doivent comprendre, de ce fait, que la
cueillette ne doit pas trop s’étaler dans le temps pour que
l’olive garde son maximum d’huile, mais cet aspect n’est pas
respecté également pour la simple raison que les
propriétaires comptent beaucoup plus sur les membres de la famille,
généralement les femmes, qui ne sont pas toujours disponibles,
pour accélérer l’opération de cueillette et avoir le
maximum de récolte à la bonne période. A quoi bon payer
des gens pour un travail qu’on peut faire soi-même ? se disent-ils,
mettant ainsi parfois des mois pour finir la récolte de tous leurs
oliviers. En plus, en matière de stockage, le problème persiste
encore avec l’utilisation par de nombreux oléiculteurs et quelques
olé facteurs de sacs en jute pour le stockage des olives avant
trituration, alors que l’idéal reste le stockage dans des caissons
en plastique qui n’engendrent pas la fermentation de l’olive et ne
provoquent donc pas l’acidité de l’huile. Et le stockage ne
doit pas durer trop longtemps, disent encore les spécialistes et
même les responsables de la filière oléicole de la
Direction des Services Agricoles qui ont toujours exhorté les
propriétaires des huileries à ne pas trop garder les fruits avant
la trituration. Pratiquement toutes les techniques sont à revoir dans la
filière oléicole de la wilaya de Tizi Ouzou, de la cueillette
à la trituration, en passant par le transport et le stockage. Des tares
encore persistantes qui font qu’à ce jour, l’huile
d’olive produite dans cette wilaya n’est pas encore exportable et
est économiquement non rentable parce qu’elle reste encore trop
acide pour non respect de toutes ces techniques, alors que les pays
étrangers, particulièrement européens, sont intraitables
en ce qui concerne les normes de production et la qualité des produits
à commercialiser sur leurs territoires. Mais le gaulage est en partie la
source de l’importante baisse de production parce que c’est une technique
qui provoque des cassures au niveau des boutures porteuses des fruits, et par
conséquent, réduit la production de la campagne suivante. Et les
chiffres avancés par les services de l’agriculture au niveau de la
wilaya de Tizi Ouzou donnent froid dans le dos, notamment à ceux qui
vont être appelés à acheter l’huile d’olive.
Cette denrée irremplaçable dans les foyers de la région
coûtera plus cher cette année puisqu’elle sera rare. En
effet, si la campagne 2010/2011 a donné pas moins de 14 millions de litres
d’huile, la production oléicole de cette année ne
dépassera pas les 3.6 millions de litres, selon les prévisions
faites par le service de production au niveau de la Direction des Services
Agricoles qui tablent sur un rendement à l’hectare de 7 quintaux
d’olives contre près d’une trentaine l’année
dernière. Une importante baisse qui va se répercuter
inévitablement sur le prix de l’huile d’olive qui va
certainement atteindre les 500 dinars le litre comme cela a été
le cas lors de la campagne 2009/2010. Il y aura également un impact
certain sur les quelques 460 huileries activant dans la wilaya de Tizi Ouzou
qui souffrent déjà du manque d’olives sur le
marché.
MALGRÉ UN
INTÉRÉT GRANDISSANT POUR LA FILIÉRE
La production oléicole s’annonce juste moyenne à
Béjaïa
Dans la seule région de Sidi Aïch, pas moins de 50
hectares de nouvelles plantations ont été réalisés
durant l’année en cours. A Draâ El Gaïd, dans la
région Est, les fellahs ont également
bénéficié d’importants programmes pour le
rajeunissement des oliveraies. Le même intérêt a
été accordé à ce créneau dans la
circonscription d’Akbou et des communes environnantes
La récolte oléicole, entamée le 28 octobre dernier
dans la région côtière de la wilaya de Béjaïa,
s’annonce moins fructueuse que la précédente. Tous les
exploitants sont unanimes à souligner ce recul notable de la production.
Les pronostics de la chambre de l’agriculture ont été revus
à la baisse : « Nous nous attendons, d’ores et
déjà, à une saison tout juste moyenne. Ce sera
probablement mieux que l’exercice 2009/2010 où la production a
atteint le seuil minimum de 6 millions de litres contre 19 millions
l’année précédente et 15 millions l’an dernier.
Pour cette fois, nos prévision se situent entre 10 millions et 12
millions de litres », estime Ousalah, responsable au niveau de la Chambre
de l’agriculture. Malgré de bonnes conditions climatiques et une
relative amélioration dans la conduite et l’entretien des vergers,
la saison s’annonce en dessous des espérances des agriculteurs. En
guise d’explication à cette baisse annoncée de la
production, les oléiculteurs estiment que la période de floraison
(mai/ juin) a été gâtée par des vents chauds diurnes
et d’insistantes brumes nocturnes. Dans la région de la basse
Soummam où l’on s’apprête à entamer la
cueillette, on a également relevé le même abaissement
comparativement à l’exercice précédent. Les
mêmes échos parviennent aussi de la haute Soummam où
l’entame de la récolte est attendue pour le 25 décembre
prochain. En revanche, la qualité de l’huile est excellente, selon
les olé facteurs, qui ont déjà commencé la
trituration du cru 2012. Maigre consolation pour les agriculteurs qui ont fait
de gros efforts pour le développement de la filière. Dans la
seule région de Sidi Aïch, pas moins de 50 hectares de nouvelles
plantations ont été réalisés durant
l’année en cours. A Draâ El Gaïd, dans la région
Est, les fellahs ont également bénéficié
d’importants programmes pour le rajeunissement des oliveraies. Le
même intérêt a été accordé à ce
créneau dans la circonscription d’Akbou et des communes
environnantes. La production de l’huile d’olive intéresse
aujourd’hui beaucoup d’agriculteurs, malgré la
raréfaction de terrains agricoles nus. Les industriels accordent aussi
beaucoup d’attention à ce secteur. Grâce aux subventions
dégagées par l’Etat au profit des exploitants, la
région compte aujourd’hui 440 huileries modernes portant ses
capacités de trituration à 10.164 quintaux par jour. Le groupe
Ifri, célèbre pour ses boissons, s’est investi ces
dernières années dans le créneau pour diversifier sa
présence dans la chaîne agroalimentaire, en l a n ç a n t « L e s h u i l e r i e s
d’Ouzellaguen». Ce pôle oléicole, dédié
au traitement et au conditionnement de l’huile d’olive
mais aussi
à la culture intensive de l’olivier, entrera incessamment en
production. Le complexe en question est doté d’une capacité
journalière de trituration de 40 quintaux au démarrage de
l’activité. «Les
essais effectués sont concluants.
L’entrée en production est prévue pour le mois de novembre prochain», a récemment affirmé
Mourad Bouattou, le chef du département marketing du groupe. Ce produit
du terroir, qui répondra aux normes européennes en la
matière, sera essentiellement destiné à
l’exportation vers les marchés nord-américain et asiatique.
Les exploitants commencent aussi à s’organiser en
coopératives pour labelliser leurs produits et garantir leur
traçabilité et leur qualité. Toutes ces données
laissent dire au Directeur des services agricoles, N. Bouaziz, que les
perspectives
s’annoncent
bonnes à court et moyen termes.
bos à court et moyen termes.

EL MOUBARAKA